1. Présent de vérité générale : Le début c'est souvent la chose la plus compliquée.



AU LECTEUR


La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;

C'est l'Ennui ! — l'½il chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
— Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère !

Baudelaire
# Posté le samedi 22 mars 2008 10:07
Modifié le vendredi 11 avril 2008 14:51

2. Détachement


Phrases pré-programmées, proverbes à la con, même extrait de Hell. Photos de filles aux cheveux multicolores, piquées sur des galeries photos, ou pleines de sang, de scarifications suivi d'un poème dépressif écrit en rouge. Plus de 100 commentaires par article, la plupart du temps n'ayant rien à voir avec celui-ci, faisant la promotion de leur blog, promet remboursement si, toi aussi, tu vas en poster, comme si c'était de l'argent. Voilà ce qui constituent la majorité des blogs d'aujourd'hui. Pas très glorieux n'est-ce pas ? Il arrive un âge où tout cela nous dépasse. Ça nous dépasse mais on ne peut s'empêcher de créer, de recréer un blog. Juste avoir une présence dans le réseau, juste s'épancher, s'inventer une personnalité, partager. Tromper l'ennui. Les choses qui vont suivre ne feront pas forcément partie de ma vie. J'écris pour tromper l'ennui.


# Posté le vendredi 28 mars 2008 14:45
Modifié le vendredi 11 avril 2008 14:40

3. Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien

Un goût acide dans la bouche, les mains qui tremblent, le c½ur qui accélère, voilà tout ce que vous me procurez et c'est déjà beaucoup trop pour moi.
Pour le pire que j'ai éprouvé, c'était juste du mépris , vis-a-vis de certains que sont nos professeurs mais là vous me faites vibrer de Haine.
Vos discours de trois quarts d'heure sur votre condition dans notre cher lycée m'exaspèrent, vous transpirez de prétention sous votre foulard Christian Lacroix. Vous ne supportez pas d'avoir tort. L'inconvénient étant que cela vous arrive souvent. Vous ne supportez pas nous plus le vent de révolte qui souffle au dessus de ma tête, de ces choses dégoutantes que sont mes atebas. Est-ce bien une raison pour m'enfoncer devant vos collègues ? Pour mentir sur mon sort ? Tout cela derrière mon dos bien-sur.
Si le vent se transforme en tempête, ne venez pas pleurez. Moi je pleurerais. Je pleurerais de rage et de dégoût comme je sais si bien le faire. Je pleurerais de dépit de ne pas pouvoir lever la main sur vous car les mots ne me viennent jamais dans ces grands moments.

# Posté le mercredi 02 avril 2008 14:34
Modifié le vendredi 11 avril 2008 14:53

4. Voyage, voyage.


C'tait bien quand même.
# Posté le dimanche 06 avril 2008 14:22

5. Tu entends des voix, reste digne.

Et mon salon est devenue la chambre d'un capitaine de Caravelle. Les tableaux insignifiants devenaient des ½uvres d'art et le lambris du bois ciré. De la musique sortait de l'intérieur de ma tête. Mon meilleur ami du moment était un gant de toilette d'eau glacé posé sur mon front. Des mots me traversent l'esprit, j'en recherche le sens. Sans succès. Sébastien me parlait de vaisseau spatial, moi je vogue sur la mer des Caraïbes.Le plus con c'est que j'ai le mal de mer. La lumière m'aveugle. Je suis sympathique.

"- Oh Romeo why are you Romeo ?
- Bah because I'm not Juliet !"



# Posté le vendredi 11 avril 2008 12:53
Modifié le mercredi 23 avril 2008 12:13